accueil > Week-end Eldorado

du 14 au 16 novembre 2019

Week-end Eldorado

Théâtre du Nord

Concert, Lecture, Conférence

Un week-end de novembre particulièrement dense – musique, littérature, philosophie – en écho à la 5ème édition thématique de lille3000 : Eldorado !

 

 

Concert dessiné avec Zeina Abirached et Stéphane Tsapis

 

Beyrouth, années 1950. Abdallah Kamanja, pianiste, accordeur de piano, invente un procédé mécanique qui permet à son piano droit au clavier tempéré de jouer le ¼ de ton qui sépare en musique l’occident de l’orient. En 2015, Zeina Abirached raconte le rêve fou de son arrière-grand-père dans un roman graphique (éd. Casterman) consacré à l’incroyable histoire de ce piano bilingue.

 

~ Tournai, 2018. Le facteur de piano, Luc-André Deplasse, fabrique à l’identique un 2e exemplaire du piano oriental.

~ Lille, 2019. Sous les doigts de Stéphane Tsapis, le piano oriental se fait l’écho de la voix de Zeina qui raconte l’histoire de ces deux cultures...

 

Un concert illustré qui mêle conte et théâtre d’ombre.

 

 

Jeudi 14 novembre 2019 à 20h
Théâtre du Nord, Petite salle, Lille

 

RÉSERVER 

 

 

 

 

De Laurent Gaudé

Lecture musicale dirigée par Simon Abkarian
Adaptation du roman par les auteurs de l’École du Nord, Hélène Trembles et Noham Selcer

 

Avec Simon Abkarian, Cecile Garcia Fogel et Neil Adam Mohammedi et les élèves comédiens de l'École du Nord Mathilde Auneveux, Maxime Crescini, Joaquim Fossi et Pierre-Thomas Jourdan

 

Le metteur en scène, Simon Abkarian, s’empare de l’adaptation d’Eldorado (éd. Acte Sud, 2006) réalisée par les élèves-auteurs de L’École du Nord. Des comédiens feront entendre en mots et musique ce grand roman humaniste de l’exil et de l’espoir.

 

En partenariat avec le Furet du Nord

 

Vendredi 15 novembre 2019 à 20h
Grande salle, Lille

 

RÉSERVER 

 

 

 

Et à 18h30 : Rencontre avec Horacio Castellanos et Juan Pablo Villalobos, auteurs mexicains qui questionnent la frontière et le problème des migrations animée par Philippe Olle Laprune. (Entrée Libre)

 

 

 

Samedi 16 Novembre

ENTRÉE LIBRE - SANS RÉSERVATION 

 

 

 

11h00 > 13h00 : L'étranger qui vient (Seuil)


En partenariat avec le festival des Solidarités Internationales Michel Agier, anthropologue, chercheur à l’Institut de recherche pour le développement et directeur d’études à l’EHESS. Il dirige le programme Babels (Agence nationale de la recherche, 2016-2018). a notamment publié : La Condition cosmopolite (La Découverte, 2013) ; Gérer les indésirables (Flammarion, 2008)

 

Présentation : Arnaud Bouaniche, professeur de philosophie en classes préparatoires au lycée Carnot-Gambetta d’Arras, président de PhiloLille


La condition d’étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l’on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux « migrants », traités en ennemis plutôt qu’en hôtes. Mis en demeure de pallier l’hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l’hospitalité. Cette façon d’entrer en politique par la petite porte de chez soi qu’on ouvre montre toutefois ses limites. Chaque hébergement est une goutte d’eau dans l’océan de l’errance globale et la faveur dont procèdent de tels gestes ne saurait durablement faire office de sauf-conduit.

 


Michel Agier nous invite à repenser l’hospitalité au prisme de l’anthropologie, de la philosophie et de l’histoire. S’il en souligne les ambiguïtés, il révèle aussi sa capacité à déranger l’imaginaire national. Car l’étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde.

 

 

 

16h00 > 18h00 : L’Eldorado ou l’enfer (1ère partie) - L’extraction de l’or et ses conséquences

 

 

Présentation : Irène Bellier, anthropologue, directrice de recherches au CNRS, spécialiste des enjeux de la mondialisation et du mouvement international des peuples autochtones. Vice présidente du Groupe International de Travail pour les peuples autochtones a notamment publié : Les droits des peuples autochtones : des Nations Unies aux sociétés locales (L’Harmattan, 2017) ; Quelle éducation pour les peuples autochtones (L’Harmattan, 2016) ; Terres, territoires,
ressources (L’Harmattan, 2014)

 


Avec Giliarde Juruna, cacique, chef d’un village de la tribu Xikrin, en blutte contre le barrage géant de Belo Monte au Xingu et contre le projet minier de Belo Sun et Kadi Leonore Johanes, membre de la communauté Kali’na de Guyane française.
 

 

La quête des métaux précieux – de l’or, de l’argent mais aussi du mercure qui sert à les amalgamer– a nourri l'expansion coloniale. À partir du 16ème siècle, le mythe de l’Eldorado se répand comme trainée de poudre, la fièvre de l’or s’empare des Européens, et les Indiens en paient le prix le plus fort. Après l’accaparement brutal de l’or finement travaillé et ostensiblement porté par les élites indiennes, qui sera fondu en lingots destiné à la production des monnaies ou à la décoration des corps nobles européens, des églises ou des palais, l’asservissement de la main d’oeuvre indienne dans les mines sera cause de sa décimation. En tous points de la planète, les ruées vers l’or se multiplient dès qu’apparaît une paillette de ce précieux métal.

 

Des mines continuent de s’ouvrir, qui laissent après usage un paysage ravagé et des rivières mortes, empoisonnées par le mercure, tandis que des milliers de tonnes de terre sont fouillées par d’énormes machines ou par des petites mains. L’espoir du gain, l’existence d’un commerce local, la certitude de trouver acheteur sur le marché mondial poussent des milliers d’orpailleurs vers l’Amazonie aujourd’hui. Au Brésil, en Guyane, les peuples autochtones sont confrontés à cette extraction qui tue, qui pollue, qui représente aujourd’hui la plus grande des menaces pour la vie des personnes, la survie de leurs cultures et de l’environnement. Nous entendrons la voix de représentants des peuples Yanomami, Kali’ña, Wayana, au nom d’autres peuples, tous menacés par l’extraction de ce métal qui n’est précieux que pour ceux pour qui n’ont que mépris pour leur vie.
 

 

 

18h30 > 20h30 : L’or vert. Anthropologie de la nature : une philosophie des relations entre humains et non humains

 

Philippe Descola, anthropologue, professeur au Collège de France, directeur du laboratoired'anthropologie sociale (LAS) fondé par Claude Lévi-Strauss a notamment publié : Cultures (Le Pommier, 2017) ; L'Écologie des autres. L’anthropologie et la question de la nature (Quae), La Composition des mondes Entretiens avec Pierre Charbonnier, Paris, (Flammarion, 2017); Diversité des natures, diversité des cultures (Bayard, 2010) ; Par-delà nature et culture (Gallimard, 2015) 




Catherine Larrère, philosophe, spécialiste de philosophie politique et philosophe de l'écologie, professeure émérite à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne a notamment publié : Penser l'anthropocène (Presses de Science Po, 2018) ; Bulles technologiques, avec Raphaël Larrère (Wildproject, 2017) ; Les inégalités environnementales (PUF, 2017) ; Penser et agir avec la nature : une enquête philosophique, avec Raphaël Larrère (La Découverte, 2015)

 

Andrea-Luz Gutierriez Choquevilca, anthropologue, maître de conférences à l’EHESS a notamment publié : Signatures et écrits d’un chamane amérindien (à paraître) ; Voix de maîtres et chants d’oiseaux. Pragmatique de l’univers sonore et de la communication rituelle chez les Quechua d’Amazonie (Pastaza) (à paraître) ; Guérir, tuer (L’Herne, 2017)

 


Présentation : Perig Pitrou, anthroplogue et ethnologue au CNRS, Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France a notamment publié : (avec Ivan Alechine) Énigmes et portraits dans la Sierra Madre (Yellow Now, 2018) ; Le
chemin et le champ : parcours rituel et sacrifice chez les Mixe de Oaxaca, Mexique (Thèse, 2016)

 


Depuis les années 80 et notamment dans son séminaire à l’EHESS, Ph. Descola consacre une réflexion systématique aux différentes formes de relations que construisent les sociétés humaines entre nature et culture. En cela, il se distingue du travail classificatoire de Claude Lévi-Strauss : plutôt qu’aux distinctions, voire aux oppositions, il s’intéresse aux formes d’interactions entre humains et non-humains. De cette perspective nouvelle est né un « tournant ontologique », ou, pour le dire autrement, un changement complet, révolutionnaire, dans la façon de penser les modes d’identification aux autres et aux humains. Descola distingue et relie notamment quatre catégories : l’animisme, le totémisme, le naturalisme et l’analogisme, autant de façons différentes de vivre dans le monde et avec les autres. Cette anthropologie débouche-t-elle sur une éthique, sur une forme de responsabilité des humains à l’égard des non-humains ? Comment cette réflexion
anthropologique éclaire-t-elle les interrogations actuelles sur l’anthropocène ?

 Durée estimée Eldorado : 1h15

Découvrez aussi...