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Eugène Onéguine de Pouchkine

Parcours Commun

Une semaine de travail avec André Marcowicz

Une semaine plongés au coeur d'Eugène Ounéguine de Pouckine pour explorer encore un peu plus les grands textes de la littérature russe.

Ce que je fais avec les élèves de l'Ecole du Nord ?... Nous lisons Onéguine. Oui, Eugène Onéguine, le roman en vers de Pouchkine. Ce n'est pas du théâtre, ce n'est pas du roman, ce n'est pas de la poésie, c'est tout ensemble.
Mais, dans la semaine qui nous est impartie ensemble, nous nous créons... une fraternité. Les élèves, je les vois tous les ans. J'ai cette chance, de les accompagner dans leur parcours, dans une position qui n'est jamais celle de la production effective d'un spectacle, ou la demande d'un résultat, de l'acquisition d'une connaissance. Non, nous lisons ensemble. Nous essayons de voir, toujours ensemble, comment on lit, ce qu'on peut voir dans un texte, et dans un texte traduit — j'essaie de leur montrer ce que peut être une traduction. Le fait que, d'abord, c'est une traduction, je veux dire que ce n'est pas le texte original. Que c'est un reflet de l'original qui passe par un interprète — et que cette interprétation se construit, se travaille, qu'elle essaie d'être aussi cohérente que possible, et qu'elle est donc unique, pour cette raison même. Et qu'il est donc crétin, et criminel, de mélanger les traductions pour en faire une salade pour soi, ce que font aujourd'hui tant de jeunes, ou de moins jeunes, metteurs en scène. Autant aucune traduction ne peut prétendre être le miroir exact et unique du texte original, autant chaque traduction mérite un respect en tant que telle, comme chaque personne, mérite, en tant que telle, le respect, et reste radicalement irremplaçable.

Et là, donc, nous travaillons sur ce que j'ai de plus cher dans mon travail, sur ce qui, réellement, peut justifier ma vie, — cette traduction du plus grand livre jamais écrit en russe, Eugène Onéguine. Et nous lisons, à haute voix. Et nous essayons de comprendre cette synthèse de toutes les complexités, de toutes les voix possibles et imaginables de la littérature classique et romantisme, cette simplicité absolue, évidente. Et nous nous approchons, — je peux le dire — de quelque chose qui est exceptionnel dans notre expérience de lecteur. D'une affirmation souriante, en même que du tragique de l'existence, de la force de la vie. De la force de la joie.

Et — je touche tout le bois que je peux — cette joie, jusqu'à présent, c'est vraiment ce qui nous unit dans un travail que je sens comme ailé.


A. Markowicz