Avec Igor Mendjisky

Le chantier de notre songe
Atelier

du 15 octobre au 09 novembre 2018

 

Au cours des quatre semaines d'atelier avec le metteur en scène Igor Mendjisky toute la promotion a fait l'expérience de l'écriture collective au plateau. S'appuyant sur le double parcours développé par l'École du Nord, l'artiste a demandé aux quatre élèves-auteurs d'adapter neuf nouvelles de l'auteur japonais Haruki Murakami pour les quatorze comédiens.

D'abord, nous nous sommes réunis et nous avons parlé ; parlé de ce qu'ils étaient, de ce qu'ils aimaient, de ce qui les effrayait, de ce qui les amusait, de ce qui les bouleversait dans cet événement majeur que chacun d’entre-eux vit en ce moment : l’entrée dans une école nationale d’art dramatique.


De là, une sorte d'expérience collective autour de leur créativité est née, un chantier où nous avons posé leurs bagages et les miens. Dans les leurs, il y avait leur âge, leurs fragilités, leurs envies, leurs peurs, leurs souvenirs de concours. Dans les miens, il y avait neuf nouvelles d’Haruki Murakami extraites du recueil « L’éléphant s’évapore ».


Né à Kyoto en 1949, plusieurs fois favori pour le Prix Nobel de Littérature, Haruki Murakami a pour habitude de passer du réalisme domestique à l’absurde, de jongler avec l’anodin et le fantastique et de transfigurer la banalité de nos existences. Il m’a semblé extrêmement intéressant de partager avec ces jeunes acteurs et auteurs mon amour pour cette œuvre en tentant de l’adapter avec les élèves auteurs pour la scène, en imaginant que ces neuf nouvelles pouvaient être neuf rêves, neuf songes ou neuf rencontres qu’aurait pu faire n’importe lequel d’entre eux avant de passer le concours d’entrée à l’École du Nord.


Comme chaque stage que j’entreprends, je vous avouerai que Le chantier de notre songe ne sera pas tout à fait fini : il y aura de l'eau dans la salle de bain mais peut-être pas encore de douche, il manquera des lits, des rideaux. Par ailleurs, ce qui me paraît tout à fait certain, c’est que les fenêtres laisseront passer des courants d'air où voleront leurs mots et ceux d’Haruki Murakami.

 

Igor Mendjisky, le 27 octobre 2018