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Dom Juan dans l’œuvre de Molière

Après la cabale de Tartuffe (1664), Molière a besoin rapidement d’une nouvelle pièce pour sa troupe.

Il semble que son point de départ soit à chercher dans une version italienne jouée en 1657: le Convitato di pietra joué en 1657 et dans lequel le valet Arlequin est un élément essentiel du spectacle. Il s’empare alors du sujet : le mythe de Dom Juan qui lui permet à la fois de plaire au public tout en réglant ses comptes avec les dévots. Le dramaturge français y aurait trouvé l'alliance du valet ridicule et du maître maudit, l'idée de la liberté choisie et de la punition divine.

 

La pièce de Molière est créée dans un contexte particulier, l'interdiction de Tartuffe (1664).  Quoi qu'il en soit, le destin de l'œuvre est étonnant: après 15 représentations, elle est retirée, alors même que Molière avait apporté des modifications dans le but de calmer ses pires ennemis - en vain, apparemment. Elle ne sera reprise qu'après la mort de l'auteur, dans une version remaniée - et peu intéressante - de Thomas Corneille. Mise à l'affiche au XIXe siècle, elle ne connaîtra vraiment le succès qu'au XXe siècle grâce aux lectures diverses qu'en ont faite des metteurs en scène de talent.

 

En 1665, Louis XIV détient le pouvoir personnellement depuis peu, il souhaite avant tout une concentration des pouvoirs et un abaissement de la noblesse. Dès lors, la révolte de Dom Juan paraît comparable à celle de la noblesse. De même, la rencontre du héros avec Monsieur Dimanche est une manifestation de la dépendance économique dans laquelle se trouve la noblesse face à la bourgeoisie. La normalisation suscite également les faux-semblants et la dissimulation qui marquent la société de Cour et vont de pair avec le rejet de l'anormalité qu'elle soit sociale, morale ou individuelle.

 

Sources : https://artetlitterature.be/donjuan/littermol.htm

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