à propos

« Kamishibaï » et Dogugaeshi
Littéralement : « théâtre de papier », le kamishibaï est un genre narratif très ancien à la croisée du théâtre (spectacle vivant) et du livre (illustration et narration), d’origine japonaise, sorte de théâtre ambulant où des artistes racontent des histoires en faisant défiler des illustrations devant les spectateurs. 


Il était courant dans le pays au début du XXème siècle jusque dans les années 1950. Le kamishibaï a suivi l'histoire du Japon depuis le VIIIème siècle. Son origine véritable remonterait au XIIème siècle, époque à laquelle, dans les temples boudhistes, les moines se servaient des emaki (rouleaux de dessins) pour transmettre des histoires à contenu moralisant à une audience généralement illettrée. Après un long endormissement, il a connu un renouveau à la fin du XIXème siècle avec l'apparition du cinéma japonais, mais ce n'est qu'en 1923 qu'apparaît le premier kamishibaï pour enfants, intitulé La Chauve-souris d'or et inspiré des mangas (mot désignant initialement les croquis burlesques créés par le peintre Hokusai au XVIIIème siècle).
Les années 1950 sont considérées comme l'âge d'or du kamishibaï : près de 50 000 conteurs se produisaient alors dans tout le Japon. Ōgon Bat était l'un des personnages les plus populaires, et de nombreuses histoires le mettant en scène étaient créées par divers auteurs.
Le kamishibaï était alors parfois appelé gageki « théâtre en images ». La télévision et les magazines hebdomadaires le firent cependant disparaitre dans les années 1960. 


Les planches cartonnées, illustrations du kamishibaï, racontent une histoire, chaque image présentant un épisode du récit. Le recto de la planche, tourné vers le public, est entièrement couvert par l'illustration, alors que le verso est réservé au texte, très lisible, avec une image miniature (une vignette) en noir et blanc reproduisant le dessin vu par les spectateur.
Le conteur ou Kamishibaiya, racontait des histoires sur la voie publique en s'aidant du support visuel généralement fixé sur le porte-bagages de sa bicyclette : le Butai dans lequel le conteur insérait des images au fur et à mesure où il racontait son histoire. Cette technique, particulière au kamishibaï, donne du mouvement à l'illustration, comme dans un dessin animé, et multiplie les scènes imagées par deux ou trois.

 

 

Le « Dogugaeshi »
Au départ, cette technique née sur l’île d’Awaji, au sud du Japon, se limitait à représenter l’ouverture successive de portes de palais, du plus proche au plus lointain. Un défilé somptueux qui débouchait sur l’apparition du Mont-Fuji, montagne sacrée, telle une consécration.

Le « Dogugaeshi » permet de rapides changements de décor en faisant coulisser des panneaux décorés et peints à la main, de différentes tailles et sur divers plans. Dans les histoires contées, il y avait plusieurs personnages qui voyageaient et arrivaient dans un palais. Cela était signifié, comme encore parfois dans le kabuki, par une multitude de panneaux qui s’ouvraient. Cela suggérait un palais, une immense pièce imaginaire. Cela indiquait qu’on allait voir un personnage d’une haute importance, et que pour le voir, il fallait passer à travers plusieurs portes.