tout savoir sur 20 000 lieues sous les mers

Pour ce tour du monde à travers les océans, Christian Hecq, sociétaire de la Comédie-Française, et Valérie Lesort, plasticienne, créent un spectacle pour acteurs et marionnettes. Ils nous embarquent à bord du Nautilus, vaisseau légendaire tenant à la fois du monstre marin et du navire de pointe commandé par le Capitaine Nemo, pirate moderne  incarné par Christian Hecq, qui a demandé à ses acolytes du Français de manipuler eux-mêmes de mystérieuses créatures marines…

En adaptant Vingt mille lieues sous les mers à la scène, Christian Hecq et Valérie Lesort se placent dans la lignée du théâtre fantastique qui fait la part belle aux interventions surnaturelles.  Le roman joue sur les codes du fantastique comme symptôme de la méconnaissance par l’homme des phénomènes et des mondes naturels. Le monstre marin inconnu tant redouté est en fait une merveilleuse machine conçue par l’homme rationnel pour explorer les abysses, mais qui peut aussi se muer en arme contre le genre humain…  

En adéquation avec la tradition du théâtre fantastique, ce spectacle se sert des moyens scéniques ancestraux pour représenter l’irreprésentable : machinerie, marionnettes, effets lumineux.

À côté des acteurs, sur la scène du Théâtre du Nord, derrière un hublot géant, la poésie des grandes profondeurs sera ainsi incarnée par une troupe de poissons, un banc de méduses, un poulpe géant…

Le mot d’Éric Ruf, administrateur général de la Comédie-Française.

Il y a dans la troupe de la Comédie-Française des comédiens atypiques aux talents multiples, ayant fait des carrières étonnantes dont la singularité et l’étendue peinent quelquefois à se développer au sein de la Maison de Molière. Christian Hecq est de ceux-là, ce clown génial qui fait le bonheur du public depuis plusieurs saisons et qui est entré dans la Troupe pour renouer avec un théâtre de parole, a un long passé de marionnettiste et de manipulateur, notamment chez Philippe Genty. Talents qu’il exerce trop rarement et dont la Comédie-Française, par nature, se prive malheureusement.

À l’instant où j’interrogeais Christian sur un désir éventuel de renouer avec cette pratique, il venait me parler de sa passion pour les poissons des profondeurs : méduses diaphanes, poulpes géants, calamars, albinos, tout un cheptel de monstres marins, timides et effrayants. Nous nous sommes entendus immédiatement et le roman de Jules Verne est venu naturellement dans la conversation. La seule contrainte que je me suis permis d’imposer est que Christian forme ses camarades de troupe à cet art de discrétion où l’acteur s’efface au profit de sa marionnette pour lui insuffler une vie encore plus trépidante.

Christian a convié Valérie Lesort, plasticienne, à grimper à bord du Nautilus pour le seconder à la mise en scène et à l’adaptation du roman. Valérie, dans son atelier en forme de vivier, a conçu tous les monstres marins tandis que les camarades de Christian se sont exercés, tout en interprétant les harponneurs et les capitaines de sous-marin, à faire apparaître de l’autre côté du hublot des myriades de poissons des abysses. Spectacle tous publics mais âme d’enfant recommandée !