molière dans le contexte de l’époque

Molière (1622-1671) signe Psyché en 1671 faisant osciller la pièce entre comédie-ballet et tragédie-ballet (l’ancêtre de la comédie musicale à la française.) Cette oscillation, tout comme le soutien qu’il obtiendra pour l’écrire de Corneille et de Quinault marquent le texte d’un sceau particulier. La place de la comédie  est malaisée à définir dans le champ  de la littérature dramatique,  et ce d’autant  plus que sa signification est sujette à confusion :ce qui est comique ne renvoie pas forcément à la comédie.

Ce n’est qu’ au XVIe siècle que le mot fait son apparition et qu’au XVIIe siècle que les premières bases d’une définition théorique du genre s’élaborent. La “comédie” est en fait un terme générique servant à représenter toute forme dramatique  ;  “aller à la comédie” ne signifiait donc ni plus ni moins que “se rendre au théâtre” pour y voir jouer des “comédiens”, c’est-à-dire  des acteurs.

Ce genre succède au théâtre comique  médiéval et a besoin de plus d’un  siècle pour prendre forme et s’imposer.  La comédie humaniste qui prévaut d’abord est l’héritière de diverses formes théâtrales espagnoles et italiennes (la pastorale, la commedia sostenuta, la commedia dell’arte).

Puis le XVIIe siècle connaît un renouveau de la comédie dès 1640 : devenue populaire, elle se substitue à la farce, mais doit se définir par rapport à la tragédie, genre noble par excellence. Certains doctes et théoriciens, comme La Mesnardière ou d’Aubignac, souhaitent alors considérer tragédie et comédie moins comme deux genres opposés que complémentaires: aussi, après avoir récusé le « bas comique” et rejeté la farce du champ de leur réflexion, ont-ils appliqué à la comédie régulière les règles de la tragédie.

Molière prend le rire comme une arme dans un combat philosophique et moral et la comédie avec lui revendique le dessein ambitieux de rétablir un ordre moral rigoureux en dénonçant les vices des hommes. Il choisit quatre types d’écriture pour réinventer la comédie :  la farce ; la comédie  critique ;   la grande  comédie  classique  et la comédie  de  mœurs  et de caractères ;  enfin la comédie-ballet. Ce genre caractérisé par l’association de la comédie et d’intermèdes  chorégraphiés, chantés et composés pour des instruments est inventé par Molière en 1661 avec Les Fâcheux. Louis XIV aime danser et Molière lui réserve quelques interprétations de choix. Viennent ensuite en 1669 Monsieur de Pourceaugnac,  en 1670 Le Bourgeois gentilhomme, en 1671 Psyché et en 1673 Le Malade imaginaire.

Le succès d’influence de Molière fut tel que, si au début du XVIIe  siècle la place du genre comique en général était assez limitée (représentant  moins  d’un  dixième  de  la production  dramatique),  à  son  époque,  celle-ci  a considérablement augmenté pour atteindre près de la moitié de cette même production dramatique.