tout savoir sur le goût du sel

Le Théâtre du Nord a la chance d’accueillir cette re-création de A L’ombre d’une source, ce concert-spectacle présenté en 2014 avec Michael Lonsdale, qui fit aussi l’objet d’un CD (World Village). Cette fois, celui qui se confronte à la poésie depuis trente-cinq ans fait appel à un autre comédien (distribution en cours) et à la danseuse Nuria Rovira Salat, fidèle compagne de sa musique tsigane. La danse autant que les mots sont destinés à se poser sur sa musique…

Compositeur et interprète baigné dans les eaux des cultures méditerranéennes, Titi Robin est un héritier de cet univers qui va des pourtours de la Méditerranée vers ce vaste courant culturel et philosophique issu de l’Asie Centrale et de l’Inde. Il a construit très tôt un univers musical original, cherchant une harmonie entre les différentes cultures qu’il côtoyait quotidiennement et qui l’ont profondément influencé principalement gitanes et orientales, mêlées intimement à l’environnement occidental. Avant que le courant des musiques du monde n’apparaisse,

C’est au sein de ces deux communautés qu’il trouvera un écho sensible et encourageant. Les fêtes communautaires lui donnent l’occasion de tester la couleur originale de son approche musicale face à ces traditions riches dont il s’inspire mais qu’il n’imite pas, recherchant obstinément une voie qu’il lui semble exprimer avec le plus de justesse sa condition d’artiste contemporain. Les deux artistes phares dans sa démarche sont Camaron de la Isla, le cantaor flamenco et le maître irakien du oud, Munir Bachir.

Ses duos avec Hameed Khan, tabliste originaire de Jaipur et Erik Marchand, chanteur traditionnel breton qui peu à peu se fondent en Trio Erik Marchand marquent ses débuts sur la scène Musiques du Monde et ouvrent la voie au premier disque sorti en 1993 sous son nom et pour lequel il a invité un grand nombre de musiciens issus des cultures qui l’ont influencé : Gitans.

La formation qui découle de ce disque tourne dans le monde entier pendant de nombreuses années et alors que le nom de Titi Robin se construit peu à peu comme un incontournable de la scène internationale des musiques du monde, ses disques (Le Regard Nu, Payo Michto, Kali Gadji, Un ciel de cuivre) connaissent un succès retentissant. La sortie du disque Rhâki, en 2002 co-signé avec Gulabi Sapera ainsi que le spectacle Jivula marquent l’apogée de leur collaboration.

La deuxième partie des années 2000 est marquée par les rencontres créations avec Danyel Waro, (Michto Maloya), avec Esma Redzepova dans le cadre de son disque Mon histoire et enfin avec Faiz Ali Faiz, (Jaadu).

En 2008, sort Kali Sultana, l’ombre du ghazal, nouveau projet à la fois discographique et scénique. Longue suite en deux volets, sept mouvements et trois intermèdes, cet album-fleuve se traduit par une épopée scénique de deux heures sans interruption dans l’ombre de Kali Sultana, cette reine noire qui symbolise la quête infinie de la beauté et de l’amour.

C’est en novembre 2011, que paraît son projet de triptyque Les Rives, projet de longue haleine qui lui tient particulièrement à cœur : il a enregistré un disque dans chacun des trois pays suivants, l’Inde, la Turquie et le Maroc, autour de son répertoire avec des musiciens locaux, produit par une maison de disque locale et à destination du public local, afin de rendre aux cultures qui l’ont tant influencé ce qu’il estime leur devoir.

En 2014, paraît L’Ombre d’une source, une rencontre avec l’immense comédien Michaë Lonsdale.

Taziri paraît en avril 2015. Titi Robin prolonge ici sa collaboration avec le jeune et charismatique artiste gnawa Mehdi Nassouli. Après avoir enregistré ensemble l’album marocain Likaat et partagé la scène pour le spectacle  Les Rives, ils abordent un répertoire original de chansons et d’instrumentaux, que Titi a composé pour l’occasion à destination de cette belle voix marocaine et du groove éclatant de son guembri, qui se marient si bien aux phrases incisives du bouzouq et à la guitare du musicien français.

Habib Meftah et Francis Varis, compagnons réguliers de Titi, solidifient l’édifice par leur présence engagée. Taziri est un blues méditerranéen, tendant un pont musical entre les rives nord et sud de notre mer commune. Taziri renoue avec ces racines qui nous lient. Aux clivages qui voudraient nous diviser, Taziri est fondamentalement rebelle. Signifiant en berbère le clair de lune, Taziri est là pour éclairer nos nuits. L’Afrique du Nord-Ouest, dont le Maroc fait partie, est une des sources essentielles de la musique nord-américaine à travers ce blues qui a tant nourri aujourd’hui la musique populaire occidentale. « Mais c’est aussi une part importante de l’histoire européenne, car nous avons à la fois hérité de la grande Andalousie et partagé nos vies et nos destins », nous dit Titi Robin.