à propos

Pourquoi le choix de cette oeuvre ? Explication par Jean Boillot.

En janvier 2015, nous avons créé Les Animals à partir de La dame au petit chien et Un mouton à l’entresol, 2 pièces courtes d’Eugène Labiche. Loin du cliché persistant dans lequel on enferme cet auteur (« un rire bourgeois et nauséeux qui abrutit le public… »), nous y avons découvert un maître du théâtre et de la langue, inventeur du vaudeville cauchemardesque, qui, au-delà de la critique sociale dont la cible est la bourgeoisie du XIXème, annonce avec 50 ans d’avance la venue des surréalistes et la représentation des pulsions animales.
Nous y avons trouvé un théâtre théâtral, populaire et désopilant, paradoxalement «moderniste », qui présente le désir comme une force essentielle opérant au sein de la société, en-deçà ou par de-là les logiques de classes, les logiques économiques ou psychologiques, et qui place le spectateur devant les béances scandaleuses de cette humanité soi-disant progressiste et rationnelle héritée du XVIIIème siècle.
Nous y avons trouvé un théâtre d’acteur, exigeant pour ses interprètes, demandant une agilité mentale, physique, vocale et sensible, ainsi qu’une créativité poétique pouvant engager une aventure artistique sur des chemins renouvelés.
Pour prolonger cette plongée avec Labiche, nous avons créé deux pièces La fille bien gardée et Maman Sabouleux, réunies sous le titre La bonne Education qui traitent du rapport adulte/enfant et montrent comment la bourgeoisie a remplacé les liens affectifs, familiaux par des liens d’intérêts, économiques et froids.


Jean Boillot