vous êtes ici Accueil / documentation / Epsad : première et deuxième génération
 

Epsad : première et deuxième génération

Les Oranges d'Aziz Chouaki
Les 9, 10, 11 mars 2009, Petite Salle, Lille

Les Avant-scènes : Samedi 28 mars 2009 à 15h et à 20h, Grand Plateau

Leurs visages sont maintenant familiers pour beaucoup d’entre vous. Depuis leur sortie de l’École en 2006 avec le spectacle Hamlet (s), certains poursuivent leur route de leur côté, ont formé leur propre compagnie ou partagent des aventures artistiques loin de Lille. D’autres, par leur présence sur la durée et par leur vitalité, ont donné vie au collectif artistique voulu par Stuart Seide pour ce théâtre. On a ainsi pu les voir dans Dommage qu’elle soit une putain, Les Amoureux, Nathan le sage, Alice et cetera ou encore, tout dernièrement, Mary Stuart. Entre deux spectacles ou entre deux lieux de tournée, ces jeunes comédiens prennent aussi en charge les Avant-scènes, ces petites formes faisant écho à la programmation, destinées à être présentées «hors théâtre». En ce moment, c’est Sébastien Amblard, Jonathan Heckel et Caroline Mounier qui proposent dans la métropole leur lecture du texte de Martin Crimp Getting attention. Ils réparentd’autres surprises pour le mois de mai ! De leur côté, Azeddine Benamara et Mounya Boudiaf reprennent pour trois soirs dans la petite salle, avant de la proposer en tournée, la mise en espace du texte d’Aziz Chouaki Les Oranges, qu’ils avaient faite avec Laurent Hatat la saison dernière.

C’est maintenant au tour de la deuxième promotion de faire ses premiers pas devant le public. Avant de les retrouver au mois de juin, dirigés par Stuart Seide pour leur spectacle de sortie Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ?, les 15 élèves comédiens présenteront sur le plateau de la grande salle, pour une après-midi et une soirée jubilatoires, l’intégrale des Avant-scènes qu’ils avaient concoctées sous le regard de Laurent Hatat et Nicolas Ory, et présentées dans la métropole en novembre dernier.

Les oranges

Les oranges

Je ne connaissais pas Les Oranges avant qu’Azeddine Benamara ne m’incite à le lire. Les mots me sont réellement parvenus lorsque j’ai entendu Azeddine les dire. C’étaient déjà ses mots. Aziz Chouaki nous offre un voyage à travers les paysages tourmentés de l’histoire de la terre d’Algérie. Un voyage sensible et poétique comme un chant pour la vie intense et généreuse des habitants de l’Algérie. Sans relâche, son narrateur, amusé, passionné, laisse filtrer l’espoir dans tous les méandres de son récit. Dans les heures les plus sombres, de la colonisation au fanatisme des années 90, la vie toujours reste à l’affût. C’est cette vie intense, jamais abattue, qui me touche au-delà de tout. Si cette grande Histoire, la nôtre, lieu de tant de déchirements, peut se donner à comprendre dans le sensible, se prêter à rassembler dans l’intelligence, c’est par la bouche des vivants, dans cette forme plurimillénaire qu’est le récit de vie. Et puis il y a aussi cette joie de pouvoir à nouveau travailler avec Azeddine Benamara et Mounya Boudiaf. Au plateau, de pouvoir à nouveau partager avec eux et, je l’espère, avec vous, ce qui importe tant aujourd’hui : revivifier sans cesse les racines profondes de ce qui nous fait vivre ensemble, notre humanité étonnante.

Laurent Hatat

Aziz Chouaki

Né en 1951 à Alger, diplômé de littérature anglaise, Aziz Chouaki a été guitariste de rock, directeur d’une salle de jazz, nouvelliste dans le Nouvel Hebdo mais aussi et surtout écrivain. Il est l’auteur de plusieurs textes : L’Etoile d’Alger, Arobase... Il écrit et met en scène Les oranges en juin 1998. De lui, on a pu voir en janvier 2006 à l’Idéal de Tourcoing la pièce Une virée mise en scène par Jean-Louis Martinelli.

Avant-scène ?

EPSAD

Une avant-scène, comme nous l’entendons, ce n’est pas un spectacle à proprement parler, c’est une esquisse, un exercice. C’est juste avant en somme. Ce moment encore fragile, indécis entre l’acteur et son texte. Juste avant l’incarnation, quand l’auteur se montre encore un peu dans les mots, et qu’il fait plaisir à voir. Une avant-scène, donc, ce serait avant tout l’acteur et l’auteur ? Une avant-scène cela circule surtout là où il n’y a pas de théâtre, pas de scène mais des gens. C’est fait pour faire aimer le théâtre, pour donner l’envie, le courage de pousser la grosse et lourde porte d’un théâtre en dur. Quoi de plus proche, de plus touchant que l’acteur fragile, que l’auteur qui fait plaisir à voir. Une avant-scène, donc, ce serait la séduction de l’inachevé, du fragment hors les murs ? Fort cohérente alors, cette proposition de Stuart Seide d’inventer en trois petites semaines ces trois avant-scènes avec les élèves de l’Epsad, jeunes acteurs émouvants. Trois fois cinq acteurs, trois fois trois quarts d’heure, pas de temps pour le ripolinage, juste le début de quelque chose. Libre à moi de proposer le choix des textes parmi les auteurs contemporains de la saison, libre à moi de proposer à Nicolas Ory de joindre nos forces pour esquisser ces trois formes brèves. Du côté des auteurs, dans les trois avant-scènes se côtoient Martin Crimp, Thomas Bernhard, Zinnie Harris, Vittorio Foa, Dejan Dukovski et Sacha Guitry. Ceux de la saison du Théâtre du Nord mais extraits d’autres pièces. Un postulat de départ : proposer le même choix de textes pour les trois équipes. Puis chaque avant-scène suit son chemin propre, lié aux certitudes et aux incertitudes du sens, de l’émotion. En novembre, nous avons joué plus de trente fois. Et dans toutes sortes de lieux où les gens vivent, travaillent, apprennent. Et si dans chaque avant-scène les mots à l’identique se retrouvent, ce sont dans desmouvements de langue si différents, sous des contrastes d’ossatures si changeants que ce décalage organique devient source de plaisir en lui-même. Le plaisir de voir les glissements du sens et les esthétiques s’amorcer, un choix de représentation qui se balbutie déjà. Mais ce plaisir est un délit d’initié, puisque par définition le public d’une avant-scène ne voit pas les deux autres. Alors pour vous faire profiter vous aussi de ce plaisir délictueux, de voyeur de théâtre en train de se fabriquer, avec l’équipe du Théâtre du Nord, nous avons échafaudé cet incroyable paradoxe : reprendre, reprendre ces trois avant-scènes sur le plateau de la grande salle. Refaire de l’éphémère ? Quid de la séduction de l’inachevé, du fragment hors les murs ? Et pourtant, c’est notre étrange fatalité d’avoir à refaire, d’avoir à comparer la magie d’un instant à la magie d’un autre instant passé, trahi par nos mémoires. Un coup perdant en grâce peut-être, un coup gagnant en émotion certainement. Notre paradoxe, refaire de l’éphémère. Mais entre nous, nous avons peu de temps pour remettre en place – les jeunes acteurs de l’Epsad ont un agenda de ministres ! – alors nous serons encore bien loin du ripolin... Rassurez-vous, cette fois-là encore, nous serons bel et bien fragiles devant vous.

Laurent Hatat

Avant-scènes : l’intégrale
Sous la direction de Laurent Hatat et de Nicolas Ory

Extraits de :
Mémoires d’un tricheur de Sacha Guitry, Atteintes à sa vie, dix-sept scénarios pour le Théâtre de Martin Crimp, Crépuscule de Zinnie Harris, Les apparences sont trompeuses de Thomas Bernhard, Quel est l’enfoiré qui a commencé le premier ? de Dejan Dukovski.

Avec les élèves de la deuxième promotion de l'EPSAD:
Lily Chartiez, Sarah Lecarpentier, Alexandre Lecroc, Victoria Quesnel, Renaud Triffault
Noémie Gantier, Julien Gosselin, Gwenaël Przydatek, Géraldine Roguez, Guillaume Bachelé
Lucie Boissonneau, Marie Clavaguera Pratx, Jonathan Devred, Antoine Ferron, Tiphaine Raffier.

Samedi 28 mars à 15h et à 20h, Grande salle, Lille
Durée du parcours : 3h.
Entrée libre, jauge limitée.
Réservation indispensable au 03 20 14 24 24

Vos autres rendez-vous !